Les toilettes sèches sont désormais légales, le décret est enfin paru au journal officiel

Le décret paru au J.O. le 9 octobre 2009 autorise les toilettes sèches* « à condition qu’elles ne génèrent aucune nuisance pour le voisinage ni rejet liquide en dehors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines ».

Le décret porte sur les deux types de "toilettes sèches" :

         - Les systèmes traitant simultanément les urines et les fèces et utilisant un matériau organique (sciure, copeau de bois…) pour produire du compost
         <http://www.partenaire-europeen.fr/Actualites-Conseils/Vie-pratique/Jardinage/compost-20080728>
        - Les systèmes traitant séparément les matières solides et liquides (systèmes utilisés généralement en milieu urbain). Dans ce cas, les urines doivent rejoindre  la filière de traitement des eaux usées tandis que les fèces doivent être traitées par séchage

Pour les particuliers, c'est clairement la première solution qui peut être facilement envisagée.

Les toilettes sèches c’est quoi ? Le principe est simple. Une toilette sèche se différencie d’une toilette à chasse d’eau par le simple fait qu’elle n’utilise pas d’eau. A la place, on recouvre les déjections d’une litière sèche généralement carbonée. Tout ce qui est disponible localement convient : sciure de bois, copeaux, paille ou foin séché et broyé, chanvre en paillettes, balle d’avoine… On les appelle aussi toilettes à compost car on valorise ensuite le potentiel fertilisant des urines et des matières fécales. La présence d'une base carbonée comme la sciure évite le développement d'odeurs désagréables. Certains esprits inventifs vont même jusqu'à connecter la prise d'air de leur VMC sur le réceptacle de la toilette sèche, assurant ainsi l'assèchement partiel des matières et permettant de diminuer le nombre de manipulations pour évacuer le mélange fèces + copeaux.

Une chasse d'eau consomme de 1.5 l (cas rare mode économique sur toilette très économique) à 12 l pour une chasse d'eau "normale" d'une toilette "gaspi".

Un minimum de 8 m3 d'eau par an et par habitant dans nos toilettes En prenant pour hypothèse raisonnable trois chasses d'eau par jour (2 chasses d'eau de 6 l correspondant à la chasse d'eau "économique" d'une toilette normale et une chasse d'eau de 10 l) et par habitant, la généralisation des toilettes sèches permettrait une économie de 22 litres d'eau par jour et par habitant soit 8 m3 d'eau par an par habitant, (32 m3 pour une famille de 4 personnes).

Outre que les toilettes sèches permettent de diminuer de manière importante la consommation d'eau, en diminuant les rejets vers les stations d'épuration, les toilettes sèches permettent d'améliorer la qualité d'épuration des eaux (moins de matière organique dans les eaux à épurer = meilleure qualité des eaux épurées). Dans l'idéal, seules les eaux grises devraient être traitées en station d'épuration à défaut d'un traitement individuel. Et la production de compost chez les particuliers disposant d'un jardin diminuerait l'utilisation des engrais, tout en amendant les sols.

Actuellement les toilettes sèches concernent environ 1500 foyers en France, à comparer aux 30 millions d'habitations, il nous reste une marge de progression importante et si, faute d'eau en quantité suffisante, 80% des toilettes sont sèches dans le monde, certains pays 'développés' (riches) sont nettement en avance sur nous. En Suède, la commune de Tanum (12000 habitants) a interdit depuis Janvier 2002 l’installation de toilettes classiques dans la commune pour les nouvelles constructions et les rénovations. Depuis 3 ans, des centaines de maisons sont équipées de ces nouveaux WC respectueux de l’environnement, ainsi que la bibliothèque municipale et le lycée local. D’autres villes de Suède sont actuellement en train d’étudier une règlementation similaire. A noter que le premier congrès sur les toilettes sèches s’est tenu en 2003 à Stockholm, la capitale suédoise.

De plus, il est parfaitement possible de coupler les toilettes sèches avec le lombricompostage, les lombrics assurant un compostage rapide (quelques semaines) et une neutralisation des éléments pathogènes. Les streptocoques et staphylocoques passant par le système digestif d'un lombric sont éliminés. L'utilisation du compost sans phase exothermique (la réaction de production de chaleur que l'on retrouve dans les tas de fumier ou dans les tas de tontes d'herbe et qui permet une pasteurisation du compost avec élimination des germes) est alors possible.

Pour les personnes intéressées par la généralisation de cette technique, susceptibles de passer le cap et se lancer, cet article sera prochainement complété avec des plans et des idées (ou trouver de la sciure, les alternatives à la sciure et aux copeaux). Bruno